Le drame de Crans-Montana nous secoue. Et évidemment, les réseaux sociaux s’emballent. Entre jugements cruels, commentaires abjects et approximations, on t’explique ce qui dérive psychologiquement dans les commentaires.
Comme nous, tu as sûrement vu, et tu t’es demandé : « Comment des milliers de gens peuvent-ils critiquer les victimes de l’incendie tragique de Crans-Montana ? »
Tu as lu des commentaires qui t’ont donné envie de vomir, de t’énerver, voire même de jeter ton téléphone par la fenêtre.

On te propose de décortiquer ces comportements sidérants, ces commentaires sortis tout droit d’un autre temps, et de tenter de mettre des mots sur ce gros malaise.
Essayons de comprendre d’où viennent ces comportements, à priori incompréhensibles.
📰 L’actu en bref
Les autorités suisses ont confirmé qu’un violent incendie a éclaté dans un bar de Crans-Montana, dans la nuit du Nouvel An, faisant 40 morts et 119 blessés, dont plusieurs graves. Des bougies incandescentes auraient enflammé une mousse isolante, entraînant une propagation extrêmement rapide du feu.

Un événement dramatique
Le drame qui a frappé Crans-Montana lors de la soirée du réveillon de nouvel an nous secoue.
Tant de jeunes morts, d’adolescents gravement blessés, dans un contexte festif qui n’aurait dû apporter que de la joie… C’est terrible et profondément choquant.
Pourtant, sur les réseaux sociaux, des commentaires plus abjects les uns que les autres apparaissent. Chacun y va de sa petite analyse personnelle, souvent sans aucune compassion pour les victimes.
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📸 Je rejoins Pik! sur InstaLes réseaux sociaux s’emballent
De nombreuses personnes critiquent les jeunes parce qu’ils filment.
D’autres parce qu’ils n’ont pas eu un temps de réaction assez rapide quand l’incendie a débuté : « Oh mais regardez ça, ces jeunes qui continuent à chanter et danser ! »
D’autres s’affolent parce que certains jeunes filmaient la scène de l’extérieur, n’apportant ainsi aucune aide aux personnes en souffrance.
💭 Réflexion
Sommes-nous certains que nous aurions mieux réagi ? Face à l’imprévisible, pouvons-nous vraiment anticiper nos réactions ? Ou projetons-nous sur les autres une version idéalisée de nous-mêmes ?
Et le contexte géopolitique ?
D’autres se plaignent de l’énorme relais médiatique de cette information, alors que le contexte géopolitique mondial est catastrophique.
« Bien que l’incendie en Suisse soit une tragédie (et j’adresse mes plus sincères condoléances aux familles ainsi qu’un prompt rétablissement aux blessés) il convient de ne pas perdre de vue des enjeux mondiaux dont l’ampleur me semble plus critique. Qu’il s’agisse de la crise humanitaire au Venezuela, des tensions géopolitiques autour du Groenland ou des essais balistiques nord-coréens, ces dossiers exigent une attention soutenue. »
💭 Réflexion
La hiérarchie des drames existe-t-elle ? Faut-il comparer les souffrances pour leur donner une légitimité médiatique ? Peut-on compatir à une tragédie locale sans détourner le regard des crises mondiales ?
La faute des riches
Certains se concentrent sur le fait que faire du ski en Suisse, ça ne concerne que les riches.
Une jeune belge de 17 ans est décédée. Victoria. Elle venait de Waterloo, une commune huppée du Brabant Wallon : « Ah ça, c’est sûr, aller skier en Suisse, c’est pas à un carolo que ça serait arrivé 😂 »
Un autre commentaire, un peu plus loin…
« Et personnes vous a demandé d aller en suisse la responsabilité est au gens et en plus c est pour les riches qu ils assume point ».
💭 Réflexion
La douleur a-t-elle une classe sociale ? L’endroit où l’on meurt change-t-il la valeur d’une vie, ou révèle-t-il surtout nos colères sociales non résolues ? Que cherche-t-on à régler quand on oppose riches et pauvres face à un deuil ?
La faute des parents
Certains accusent même les parents qui ont laissé leurs jeunes adolescents aller fêter le nouvel an dans ce bar.
« On peut m’expliquer pourquoi les victimes avaient 15, 16, 17 ans ? Y’a pas un problème là ? »
La plus jeune victime était âgée de 14 ans, la plus âgée de 39.
💭 Réflexion
Être parent, est-ce garantir l’imprévisible ? Peut-on reprocher à des parents de ne pas avoir anticipé l’impensable, quand le danger surgit là où l’on croyait être en sécurité ? À partir de quel âge considère-t-on qu’un adolescent peut vivre sans surveillance constante ? Peut-on exiger une vigilance absolue sans priver de liberté ?

La chasse au coupable est immédiate
Mais pourquoi les gens ressentent-ils le besoin de critiquer ? De donner leur avis ? De chercher un coupable à tout prix ? De comparer une souffrance à une autre ?
Ils se transforment soudain en :
- experts de la protection incendie
- justiciers
- enquêteurs
- experts en assurance
- moralisateurs
- éducateurs
- experts financiers

Ils accusent les patrons du bar, les autorités communales, le canton, le gouvernement, les serveurs qui auraient dû évacuer tout le monde, les parents trop permissifs, les jeunes eux-mêmes qui n’ont pas couru assez vite.
Pourquoi, dans pareils cas, ne ferment-ils simplement pas leur bouche ? (restons polis 😅)
Est-ce réellement à eux, à nous, à toi, de juger, derrière des écrans ? De trouver des explications, de tirer des explications, de montrer du doigt ?
N’est-il donc pas possible de se concentrer exclusivement sur la douleur des familles endeuillées ? De les entourer avec un petit mot de soutien, d’amour, de condoléances ? ✨
Avant d’écrire un commentaire sur les réseaux sociaux, pose-toi une seule question : « Si je faisais partie de cette famille, est-ce que ce message me ferait du bien ? » Si la réponse est oui, tu peux poster. Garde à l’esprit que le soutien n’a pas besoin d’explications. Juste de présence et de chaleur humaine.
Un florilège de commentaires abjects
Beaucoup ne se servent malheureusement pas de ces conseils pour rédiger leurs commentaires. Voici ce que ça donne 👇.
“Si il y a des coupables c’est déjà et avant tout la technologie de nos jours. Quand on voit certaines personnes en train de filmer au lieu de courir vite et sortir sauver sa peau et tenter de sauver d’autres personnes piégés ben non ça filme et ça rigole pour épater sur les réseaux sociaux 🤔 Triste destin ainsi va la vie !”
“C’est le drame du siècle…. cette complicité devrait être punie …mais hélas…ces malfrats sont vivants…et trouveront la sortie….”
(Sur une maman qui témoigne dans les médias parce qu’elle recherche son fils disparu dans l’incendie)
“Son but c’est pas un peu passer dans les médias aussi ?”
“Si tous le monde était sorti au moment du début d’incendie plutôt que de dégainer les téléphones pour filmer des flammes, peut être que le bilan ne serait pas si lourd non plus….”
“Beaucoup de victimes n’ont même pas 16 ans…. Y’a pas une question à se poser ?”
“J’espère que les responsables, propriétaires, société de contrôle de sécurité de ces établissements, la mairie seront sévèrement punis pour leur négligence. On ne plaisante pas avec la vie d’autrui.”
“La vraie question c’est pourquoi le personnel n’a pas fait évacuer tout le monde !!”
“Il est invraisemblable qu’aucun membre du gouvernement français ou le pantin de l’Elysée ne soit allé sur place se recueillir et soutenir les familles.”
“Bien triste tout cela. En espérant que la lumière soit faite et que les coupables s’il y a soient punis.”

Ce que tu vois sur les réseaux n’est pas nouveau
Les réactions que tu vois après le drame de Crans-Montana ne sont évidemment pas neuves.
Les gens jugent vite sur les réseaux sociaux, beaucoup trop vite.
Ils cherchent immédiatement un responsable. Comme si, à ce stade, c’était le plus important.
Ils se permettent de faire des leçons de morale, font de l’humour à 2 balles… et en oublient complètement les êtres humains qui vivent derrière ce drame : celles et ceux qui viennent de perdre leurs filles, leurs fils, leurs frères, leurs soeurs, leurs meilleur·es ami·es, leurs cousin·es, leurs copains de classe, leurs voisin·es…
🔴 Ce qui se joue en ligne
La haine en ligne progresse, les commentaires haineux augmentent et les sanctions restent rares. Cette combinaison crée un terrain favorable à une parole agressive, souvent exprimée sans retenue ni crainte de conséquences.
Ce besoin de répondre par des critiques inhumaines n’est malheureusement pas propre à cette tragédie.
Les trolls sur Internet utilisent les drames pour déverser leur colère, sans empathie pour les morts, les blessés ou leurs proches.
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👍 Je rejoins Pik! sur FacebookLe biais de normalité : pourquoi on reste figé
Si certains jeunes ont continué à chanter et danser alors que le feu débutait, ce n’est pas par inconscience. Mais parce que leur cerveau n’a pas immédiatement perçu le danger.
En fait, quand tu entends ou que tu vois une menace mais que rien ne change autour de toi, ton cerveau la classe dans la catégorie “normale”.
C’est ce qu’on appelle le biais de normalité.
Plusieurs travaux universitaires se sont penchés sur la question. Le plus couramment cité est “Warnings during disaster: Normalizing communicated risk”, de Dennis S. Mileti et Paul W. O’Brien.
Définition
Le biais de normalité désigne un mécanisme mental qui te pousse à croire que tout va continuer comme d’habitude. Il ralentit ta réaction face au danger, même quand la situation devient réellement menaçante.
Alors, quand un feu commence et que la musique ne cesse pas tout de suite, que d’autres ne paniquent pas immédiatement (les serveurs, le personnel, les ami·es), ton cerveau te dit “bah, c’est pas si grave”.
Donc tu restes, tu regardes. Tu peux même continuer à t’amuser ou à filmer.
Tu n’as tout simplement pas pris conscience du danger immédiat.
Note bien que ceci peut arriver aux adolescents comme aux adultes.

Ce phénomène date d’avant les smartphones. Il existait déjà en 2003, quand un feu s’est déclaré dans une boîte de nuit de West Warwick à l’Est des États-Unis et a tué 100 personnes.
Les témoins avaient aussi figé, regardé, cru que tout cela n’était qu’un spectacle. Et à cette époque, les smartphones n’existaient pas encore.
Idem pendant les attentats du 11 septembre 2001 à New York.
De nombreux occupants des tours situés en dessous du point d’impact des avions ont attendu plusieurs minutes avant d’évacuer. Ils pensaient à un simple incident technique ou à une alarme intempestive, comme le documente le rapport de la Commission 9/11 (2004).
Ils ont même continuer à travailler et à traiter leurs mails jusqu’à la réception d’un ordre clair d’évacuation.
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🔔 Je m’abonne à Pik!Le point de vue du spécialiste des incendies
Sur X, Markos Mom, un spécialiste des incendies et de leur prévention, explique ceci : « Nous concevons explicitement les bâtiments pour tenir compte de cette hésitation (temps de réaction). Les normes de sécurité incendie partent du principe que les gens attendront avant de courir. Dans un bâtiment conforme, on peut prévoir jusqu’à une ou deux minutes avant que l’évacuation ne commence. Les systèmes d’extinction automatique et de détection sont conçus précisément pour gagner du temps. »
Le spécialiste continue en expliquant qu’à Crans-Montana, le délai de quelques minutes n’a probablement pas existé, à cause du matériau qui s’est enflammé.
Le plafond du bar était en mousse de polyuréthane. Sa combustion n’a donc pas été linéaire. La mousse de polyuréthane atteint le point d’embrasement généralisé éclair (600 °C) en moins de 90 secondes. C’est en quelque sorte de l’essence solide. La pièce aurait explosé, en pratique. Bien avant que quiconque puisse raisonnablement évacuer.

« Nous calculons la largeur des issues de secours en fonction du nombre de personnes pouvant franchir une porte par minute (débit) et de la vitesse de propagation du feu. Avec les incendies de mousse, le temps d’évacuation sécuritaire disponible chute presque à zéro. Même en cas de réaction instantanée, la densité de la foule aurait bloqué les issues avant que la pièce ne soit vidée. »
Ce que tu dois retenir : l’événement tragique ne se résume pas à des comportements individuels isolés. Il résulte d’un ensemble de facteurs techniques, architecturaux, physiques.
Ce phénomène de continuer à rire et à s’amuser n’est donc pas un choix. C’est une réaction biologique et automatique.
Et c’est probablement la même réaction que tu aurais eue, toi, avec ou sans mobile.
💭 Réflexion
Peut-on reprocher à un corps de réagir comme il a été programmé ? Si la biologie précède la conscience, où commence la responsabilité individuelle face à un danger fulgurant ?
Les critiques sur ceux qui filment
Tu as vu des gens accuser les victimes d’avoir filmé au lieu de fuir. Ces critiques disent : « Si vous avez filmé, vous êtes coupables de ne pas avoir porté secours aux autres ».
Cette idée semble logique. Elle est en fait fausse.
Filmer n’est pas une preuve de mépris de la vie des autres. Filmer peut-être une réponse instinctive face au choc.
« Qu’il s’agisse du pire comme du meilleur, le Smartphone devient un filtre qui sépare les jeunes de ce qu’ils vivent réellement », explique le psychiatre Xavier Pommereau.
« Aussi surprenant que cela puisse paraître, les jeunes gens qui se mettent à filmer ne sont pas insensibles à ce qu’ils voient, ils ne se réjouissent pas d’être spectateurs de tels actes. Mais à ce moment précis, ils sont totalement accaparés par le fait de saisir ce qui est en train de se produire. Ils ne sont plus dans la réalité. »

C’est un peu comme si ses jeunes s’étaient retrouvés dans un film.
De plus, au moment où l’incendie se déclare, ils étaient probablement déjà en train de filmer. Et potentiellement, ils étaient déjà ivres.
Avec le recul, certains de ces jeunes ne comprennent d’ailleurs peut-être même pas eux-mêmes leur propre réaction à ce moment-là.
💭 Réflexion
Quand l’événement dépasse l’entendement, le téléphone sert-il de filtre pour ne pas être submergé ? Peut-on reprocher à quelqu’un de chercher un point d’appui face au choc ? Si filmer aide à mettre à distance l’horreur, faut-il y voir de l’indifférence ou un mécanisme de survie émotionnelle ?
Pourquoi ces réactions te choquent ?
Qui peut donc aimer voir des attaques personnelles sur des personnes qui viennent de décédées ou qui sont gravement blessées ? Dans ce genre de circonstances, on s’attend à de l’empathie. À des élans de solidarité.
Pas à des attaques.
Chaque tragédie humaine nécessite de la compassion, de la douceur, du réconfort, de la présence.

Les accusations n’aboutiront à rien. N’apporteront rien.
Les commentaires blessants ne sont rien d’autre qu’une défaillance morale et ne font que mettre en lumière les zones d’ombre de leurs auteurs.
En passant, ils peuvent aussi blesser et laisser des traces.
Les réseaux amplifient tout. Le pire comme le meilleur. Ils donnent une tribune à des personnes qui n’ont peut-être jamais eu d’espace pour parler. Et parfois, leurs voix crient des absurdités sans réfléchir.
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FAQ : tout savoir sur les réactions face au drame de l’incendie de Crans-Montana
Parce que filmer peut être une réaction instinctive face au choc. En situation de sidération, le cerveau cherche à comprendre ce qui se passe. Ce réflexe n’exclut ni l’empathie ni la peur.
Non. Les spécialistes expliquent que filmer ne signifie pas se réjouir. Dans des situations extrêmes, le smartphone agit parfois comme un filtre psychique, une façon de mettre à distance une réalité trop brutale.
Ce comportement s’explique par le biais de normalité. Tant que l’environnement ne bascule pas clairement, le cerveau classe la menace comme “non urgente”, même lorsqu’elle est réelle.
Selon des experts en sécurité incendie, la propagation du feu aurait été extrêmement rapide. La mousse isolante impliquée atteint des températures critiques en moins de 90 secondes, réduisant fortement les chances d’évacuation. Mais tout ceci devra être déterminé après une enquête qui durera surement plusieurs mois. À ce stade, on ne peut faire que des suppositions.
Oui. De nombreux chercheurs observent une augmentation des commentaires haineux et un sentiment d’impunité sur les plateformes. Les jugements rapides remplacent souvent l’analyse et l’empathie.
Absolument. De nombreuses fausses informations circulent après le drame de Crans-Montana. Vidéos sorties de leur contexte, chiffres inexacts, accusations infondées. Il est recommandé de s’informer via des sources fiables.
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Oui. Les spécialistes recommandent de réduire l’exposition aux réseaux sociaux après un événement traumatisant. Lire en boucle des contenus violents ou haineux peut renforcer l’anxiété et le sentiment d’impuissance.
Que les comportements humains en situation extrême sont complexes. Que la physique du feu ne laisse parfois aucune chance. Et que juger à distance n’aide ni à comprendre, ni à prévenir.
